Haute Couture belles saisons 2015

La Haute Couture exercice récurrent et saisonnier révèle des prouesses techniques de séduction et de tentation. Quelques maisons en flagrant délit de haute voltige :

Jean-Paul Gaultier : lignes épurées, une seconde peau qui donne toujours envie de braquer la collection surtout la Printemps/Eté 2015

Chanel15SHC63_fashionImg_look-sheetmediumChanel : des fleurs sublimées dans leur iréel. Les superlatifs sont épuisés. La création  maligne et en éternelle jeunesse par le parti-pris de ne pas céder à la facilité. Mais combien sont-ils à travailler à ces tours de magie ?
Lignes épurées, chez JPG,  déjà mises en exergue à l’époque Hermès. La fluidité des matières mises en seconde peau. La question  du genre, l’hésitation ou le choix assumée, déclinée en “avec ou sans ?” “les deux madame” cf. la robe noire en demi veste avec manche mais robe avec manche opposée en mousseline transparente.

Silhouette amazone, sage, beau pantalon  noir large et très fluide et un haut d’une simplicité assumée : un bandeau si évident avec son tour-du-coup, si africain, si malin.

“Je montre, je ne montre pas” : le manteau redingote ivoire, qui s’entrouve sur des bas de soie et un short ultra court mais “comme il faut”. Une indiscipline piquante pour bousculer des tabous, très architecturée.

L’architecture, élément de liaison retrouvé chez Chanel. Toujours et encore. Des vestes aux longueurs qui renversent les codes maison. Un éloignement volontaire à l’académisme de la petite veste. Les emmanchures ont du donner des maux de têtes aux ateliers, mais c’est sublime “comment ne pas y avoir pensé avant ?”. Les galons passementeries très sobres, trouvent leur place naturellement  avec nonchalance, pointillés architecturaux intemporels de la maison.

La séduction n’est pas de tout montrer, erreur vulgaire de starlette sur tapis rouge, mais de savamment suggérer. La femme est mise en valeur par le vêtir et non le faire valoir tapageur d’un  “branding”. Des vestes, des robes qui l’on ne souhaite plus retirer.

On se couvre en haut mais montre finement la jambe, la taille avec ou sans nombril (le body et un peu  d’abdos peuvent vous sauver, sinon jouer le couvre-chef  “détourner l’attention”). La chaussure est sobre est à contre-courant du  “précieux”.

Une robe origami un bustier plissé noir et une jupe qui prend du relief en noir et rose, un  plissage de tissus. l’équation tulle, mousseline en transparence en haut, le volume en  bas avec broderie, volants nécessitent “un truc” pour l’équilibre des masses. Des points de difficultés qui semblent résolus, comme ça, par un “rien”, invisible.

La robe de mariée : chef-d’oeuvre, pensée pour la réalisation par quinze brodeuses pendant un mois !  Chanel décline la perfection troublante et parfois sidérante se renouveler sans répétition ni paresse. Génial.